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Nouvelles des enfants

Monsieur et Madame Lambinon, des parrains de longue date de AEVN, reçoivent leur filleule Vo Thi Kim Dung de Dalat, avec sa famille à Lyon.

Chers amis.
Nous avons eu le grand plaisir de recevoir chez nous à Lyon notre filleule Vo Thi Kim Dung qui est venue avec son mari et sa fille ainée pour un très court séjour! Elle a participé à un salon de la céramique à Francfort, pour son travail, et a prolongé son déplacement en venant à Lyon 24 heures (via Paris où étaient sa fille et son mari). Nous l’avons vue du vendredi 16 février 12h00 au samedi 17février 16h00… toute la petite famille a couché à la maison et ce furent des moments très sympathiques.
Dommage qu’il ait fait un très mauvais temps, froid et pluvieux, surtout le samedi.
Vous trouverez ci-dessous des photos prises durant cette visite de Lyon.
Amicalement à vous.
Agnès et Yvan 

Madame Lambinon, Vo Thi Kim Dung, son mari et sa petite fille  Mme et Mr Lambinon, Vo Thi Kim Dung et sa famille 
Madame Lambinon, Vo Thi Kim Dung, son mari et sa petite fille Mme et Mr Lambinon, Vo Thi Kim Dung et sa famille

 

La joie de les retrouver tous!

(article de M. Michel Delpech, parrain AEVN de plusieurs jeunes du village AEVN de Hué)

Deux ans après mon dernier voyage au Vietnam, j’ai eu le plaisir de pouvoir me rendre à nouveau dans ce beau pays. Malgré la brièveté de mon séjour, j’ai eu la grande joie de revoir mes très cher(e)s filleule et filleuls.
Phê, le plus grand des garçons, que je parraine depuis maintenant dix ans, poursuit des études supérieures à Saïgon. Il m’a fait la grande gentillesse de venir m’accueillir à l’aéroport, malgré l’heure bien matinale.
J’ai pu partager de bien sympathiques et chaleureux moments avec lui et découvrir la vie d’étudiant qu’il mène dans cette gigantesque cité, bien différente de la tranquille Hué.
Je me suis rendu ensuite à Hué, ville où Phê a passé toute sa jeunesse, pour y retrouver mon jeune filleul Thang qui a tout juste 16 ans. C’était un grand plaisir pour moi de le retrouver au Village AEVN de Thuy Xuan où il vit avec sa sœur Hung et son petit frère Loï. Comme toujours, ce fût de merveilleux moments passés à ses côtés. Thang, amateur d’histoire de son pays, m’a fait découvrir un beau palais de la dernière Reine du Vietnam – épouse de Bao Daï. Les difficultés de la langue ne sont en rien un obstacle pour ressentir toute la joie de ces moments partagés.
Après une nouvelle étape par Saïgon, je suis parti en compagnie de Phê à Dalat, lieu où vit ma filleule ainée Kim-Hue. Toute jeune maman d’une petite Le Thao Ngnuyen, j’ai pu faire connaissance pour la première fois de son petit bébé. Une adorable petite fille, avec qui, Kim-Hue, Phê et moi avons passé une magnifique journée à sillonner Dalat et ses belles collines environnantes. Le bonheur de voir comme une famille se former sous mes yeux, Phê étant « aux petits soins » avec le bébé.
Que de merveilleux souvenirs plein la tête et au fond du cœur à mon retour à Paris !

 Michel Delpech avec sa filleule aînée

Michel Delpech avec sa filleule Kim-Hue et le bébé de Kim-Hue

Michel Delpech avec sa filleule Kim-Hue, le bébé de Kim-Hue et son filleul Phê

Michel Delpech avec sa filleule Kim-Hue, le bébé de Kim-Hue et son filleul Phê

Michel Delpech avec son filleul Thang

Michel Delpech avec son filleul Thang

Michel Delpech au village de Hué avec son filleul Thang et le petit frère de Thang

Michel Delpech au village de Hué avec son filleul Thang et le petit frère de Thang

Bui Van Phô, 30 ans, est un ancien enfant du Village d’Enfants SOS de Hué. Il a soutenu avec succès sa thèse de doctorat dans le domaine de la nanotechnologie au Japon. Le chemin qui mène ce jeune scientifique au succès est marqué par le dévouement et l’amour d’une mère et des soeurs, semé de gouttes de sueur et pavé par l’encouragement et le soutien des professeurs de haut niveau. Tout se réunit pour maintenir et renforcer la passion de ce « pauvre » étudiant pour la recherche scientifique.    

Une volonté forte

Il y a plus de 10 ans, j’ai connu Bui Van Phô non seulement comme un sujet de mon entretien mais aussi comme quelqu’un qui était admiré par les enfants défavorisés. Voici ce qu’ils disaient partout où j’étais : Phô ne suivait pas de cours supplémentaires faute d’argent, il ne mangeait pas à sa faim, mais c'était grâce à sa soif de savoir et sa passion pour les livres qu’il devenait excellent élève. L’image que j’ai eue de Phô, lors de notre rencontre, est celle d’un garçon grand, mince et vif. Il parlait, d’une voix grave et triste, de son enfance difficile. Son père étant décédé quand il avait 10 ans, sa mère a dû porter tout le fardeau familial sur ses épaules. De marché en marché, sa mère travaillait dur afin de subvenir tant bien que mal aux besoins de la famille, dans le seul espoir que ses enfants deviendraient de bons adultes, responsables et consciencieux. Marqué par les conditions de travail si dures de sa mère, par le sacrifice de ses sœurs, qui devaient arrêter précocement leur scolarité pour venir en aide à leur mère, Phô a décidé de changer le sort de sa famille en s’investissant à fond dans ses études. Il espérait ainsi soulager un jour sa mère du poids financier qui pesait sur elle.

Issu d’une famille très pauvre et élève de l'école d’une toute petite commune au Centre du Vietnam, Phô a réussi l’examen d’entrée au Lycée Quoc Hoc Hue, spécialisé en mathématiques. Ayant eu connaissance de son cas, le Professeur Tran Thanh Van, fondateur de l’association AEVN, a décidé  de lui faire intégrer le Centre de Protection d’Enfance de  Thuy Xuan, actuel Village d’Enfants SOS de Hué. Cette prise en charge a permis d’alléger progressivement le fardeau de sa mère.  Grâce à la bourse « Rencontres du Vietnam – Fondation Vallet » réservée aux élèves des classes spécialisées et ayant de bon résultats scolaires, Phô a pu s’acheter des livres afin d’approfondir ses connaissances. Grâce à un emploi du temps bien organisé, il a réussi son concours d’entrée à l’Université en toute sérénité, sans avoir besoin d’entamer une course contre le temps pour suivre des cours supplémentaires comme la plupart des élèves de sa génération.  
Le jour où elle a reçu la nouvelle que son fils était reçu à l’école Polytehnique de Ho Chi Minh Ville avec une note de 28/30, sa mère n’a pas pu s’empêcher de pleurer. L’effort de son fils a été récompensé, l’espoir de voir sortir la famille de la misère s’apprêtait à être concrétisé. Cependant, Phô a voulu faire des études de physique à l’Universite des Sciences naturelles de l’Université nationale de Hanoi. Ses souhaits ont été soutenus par le Professeur Tran Thanh Van, qui a écrit une lettre de recommandation au Ministre de l’Education afin que sa demande de transfert d’école fût acceptée. A Hanoi, grâce aux bourses qu’il recevait régulièrement de l’Université, des Professeurs Tran Thanh Van et Odon Vallet, Phô a pu étudier sans devoir travailler à côté  pour subvenir à ses besoins.

Des professeurs dévoués

De temps en temps, les nouvelles de Phô que nous apprenions  par les médias nous rendaient vraiment heureux : Bui Van Phô,  l’élève pauvre de l’ancienne ville impériale, est un des excellents étudiants de la classe Master d’Excellence de Physique K50 à l’Université des Sciences naturelles de l’Université nationale de Hanoi. Phô a avoué que sa vision de la vie, sa façon d’être ont été grandement influencées par sa mère, par les professeurs, ceux qui l’ont parrainé et formé. A leurs strictes exigences, qui l’obligent à être responsable de ses actes, à planifier ses projets, à être discipliné et à progresser sans cesse, Phô doit sa réussite scolaire. Phô a été diplômé avec mention Excellente grâce à ses efforts personnels sans faille mais aussi grâce au dévouement de ses professeurs.

Après avoir été diplômé de l’Université, Phô a consacré un an pour améliorer son anglais. Parallèlement, les professeurs responsables du département de Physique à l’Université des Sciences naturelles de l’Université nationale de Hanoi, continuaient à créer des opportunités pour qu’il puisse être en contact avec la recherche scientifique autant que possible. Ils l’ont également aidé dans ses démarches d’inscription à l’Université d’Osaka dans le cadre d’un programme d’échanges internationaux. Bui Van Phô a été désigné, parmi d’autres excellents étudiants, pour recevoir la bourse du gouvernement japonais. Cette bourse lui a permis de subvenir  à ses besoins  pendant ses 6 années d’études doctorales portant sur la physique quantique (Quantum Engineering Design Course) au Japon.

La langue constitue le plus grand obstacle pour la plupart des étudiants à l’étranger. Communiquer avec les amis étrangers, être souvent en contact avec les professeurs, c’était pour Phô le moyen le plus efficace pour apprendre une langue étrangère. Au pays du Soleil Levant, Phô étudiait avec assiduité sous la direction du Professeur Kazuto Yamauchi, qui le guidait avec dévouement. Le Professeur Yamauchi lui a créé des conditions d’études les plus favorables possibles, le motivant à poursuivre ses efforts. Phô a pu assister à plusieurs conférences et colloques internationaux, y compris en France, où il présentait ses résultats de recherche. Il est également revenu au Vietnam pour participer à des conférences internationales (organisées par le Professeur Tran Thanh Van, au Centre International de Sciences et d’Education Interdisciplinaires à Quy Nhon) portant sur la science des matériaux, la physique numérique et la nanotechnologie, afin d’élargir l’horizon de ses connaissances (lors de ces occasions, il a rencontré des lauréats de prix Nobel, qui l’ont vivement félicité).

Bui Van Phô a soutenu avec succès sa thèse de doctorat ayant comme thème : « Etude sur le mécanisme du traitement de surface des matériaux SiC dans des solutions d’acide sulfurique ou dans l’eau en présence du catalyseur, le platine » à l’Université d’Osaka. Phô nous a confié : « J’ai reçu des aides précieuses et sans conditions de la part de M. et Mme Tran Thanh Van, de l’association AEVN et des professeurs vietnamiens et étrangers. Sans cette générosité, les élèves pauvres comme moi ne pourraient pas avoir d’opportunité pour aller loin sur le chemin de la Science ».

Phô et le Professeur Kazuto Yamauchi après sa soutenance de thèse
Phô et le Professeur Kazuto Yamauchi après sa soutenance de thèse


Grandi dans la pauvreté, plus que quiconque, Phô comprend à quel point l’aide est précieuse, surtout pour ceux qui en ont besoin. Il est revenu au Village d’Enfants SOS de Hué. Sous ce toit familial,  il avait pu avoir des conditions lui permettant d’aller loin sur la voie scientifique. C’était aussi là qu’il avait été pris en charge, aimé par les oncles et les mères pendant un certain temps. Il s’est revu enfant, à travers les petits aux yeux grands et ronds, rassemblés autour de la table du dîner. Et, il a pris la décision de parrainer, d’accompagner ces enfants sur leur chemin de devenir adulte, ce à quoi se sont voués sa mère (SOS) et ses professeurs, ceux qui avait toujours été à ses côtés dans des situations difficiles.

Quand je l’ai questionné sur son futur projet, Phô a répondu qu’il poursuivrait ses recherches dans le même laboratoire. Cela lui permettrait de faire des recherches sur les thèmes qu’il portait à cœur. Où il s’installerait définitivement, la question n'était pas encore d’actualité pour lui...

Phô a été président de l’association des étudiants et des jeunes vietnamiens à Osaka et vice-président de VYSA Japan dans l’objectif d’aider les étudiants vietnamiens fraîchement arrivés au Japon.
Phô a également participé aux activités de “Betoaji”, une organisation à but non lucratif, pour promovoir la culture et la cuisine du Vietnam au Japon. L’argent collecté à travers ces activités est utilisé pour aider des enfants des minorités ethniques vivant dans des régions montagneuses, en situation difficile mais ayant une volonté farouche de surmonter des difficultés pour apprendre.

Extrait  de l’article « Cậu học trò mồ côi và hành trình trở thành tiến sĩ » de Hue Thu publié dans l’édition spéciale Têt 2017 du Journal Thừa Thiên Huế
Mise à jour et traduction par Thao

Phô (1er de dr. à g.) remet des bourses aux enfants du Centre de Thuy Xuan

Phô (1er de dr. à g.) remet des bourses aux enfants du Centre de Thuy Xuan, actuel Village d’Enfants SOS de Hué (2015)

 

Phô et son épouse Yen Minh, (1er et 2ème de dr. à g.) et des enfants du Village SOS de Hué lors de leur récente visite au Village en 2016

Phô et son épouse Yen Minh, (1er et 2ème de dr. à g.) et des enfants du Village SOS de Hué lors de leur récente visite au Village en 2016

 

 

Si loin, mais si proches !

(article de M. Michel Delpech, parrain AEVN de deux jeunes du village AEVN de Hué)

Une nouvelle escapade au Vietnam en début d'année m'a permis de retrouver mes filleuls et de passer de très beaux moments auprès d'eux.
Parrain du jeune Phé du village AEVN de Hué, je me suis récemment investi dans un nouveau parrainage en faveur de Thang.
En effet, Phé vient déjà de fêter ses 18 ans et devrait bientôt pouvoir voler de ses propres ailes. Ainsi, il m'a semblé que d'engager un parrainage au profit d'un jeune adolescent pourrait constituer une forme de transition en unissant fraternellement ces deux jeunes ayant en commun le même parrain.
Ce projet ayant pris corps au Noël dernier, j'ai pu en février faire la connaissance du jeune Thang et retrouver Phé à qui j'avais déjà rendu visite en 2015.
Beaucoup d'émotions et de très beaux moments de partage lors de cette double rencontre à Hué. Deux temps ont été particulièrement forts avec Phé et Thang à cette occasion: partage d'un délicieux dîner italien dans La Pizzeria de Hué ! Lieu que Phé avait immédiatement choisi pour notre première sortie, accompagnée de Binh la traductrice.  Puis, dès le lendemain nous nous sommes rendus ensemble au cinéma pour une belle séance d'un film humoristique vietnamien. Les éclats de rires des deux jeunes étaient fort communicatifs, même si, bien sûr, le scénario a pu un peu m'échapper par moment... Mais là n'était pas l'essentiel !
Lors de mon passage à Saigon, j'ai eu aussi le très grand plaisir de retrouver ma filleule Kim-Hue au mariage de laquelle j'avais eu la joie d'assister en février 2014 à Dalat. Des retrouvailles là encore émouvantes et pleines de joie !
Ainsi au fil des années se nouent des liens d'affection avec l'immense plaisir de voir ces jeunes s'épanouir et suivre  leur propre voie.  
Bien sûr la distance est grande avec eux tous, mais la proximité du cœur est telle qu'elle en arrive presque à l'effacer !

 

Phé et Thang

Phé, à gauche, et Thang, à droite, au village de Thuy Xuan à Hué

 

Sortie au restaurant

Sortie pizzeria avec Binh la traductrice

 

Au cinéma

Sortie cinéma

 

Michel Delpech avec sa filleule Kim-Hue

Michel Delpech avec sa filleule Kim-Hue

 


 


Ma vie au Centre de Thuy Xuan (témoignage de Phô)

Durant ses études doctorales, Phô a animé un groupe d’étudiants pour collecter des fonds pour donner des bourses d’étude aux jeunes orphelins du Centre de Thuy Xuan. L’été 2014, il a pu rapporter des bourses octroyées par l’association des jeunes étudiants vietnamiens au Japon, d’un million de Dong chacune. Cinq bourses ont été remises par le «grand frère Phô» lui-même à ses «frères» du Centre ayant connu la même histoire de vie que lui. Petits cristaux font vite boules de neige !

Issu d’une famille pauvre en banlieue de la ville de Hué, j’ai perdu mon père quand j’étais encore à l’école primaire. Ma mère seule prenait en charge la famille. Elle m’a donné le goût de l’effort et le désir d’apprendre. Les difficultés financières auxquelles nous avions dû quotidiennement faire face m’avaient conduit à cette résolution ferme : faire des études et réussir pour changer le cours de mon destin.
J’ai été admis après concours dans une classe d’excellence en mathématiques au Lycée national « Quoc Hoc » à Hué. Ma mère m’encourageait et travaillait dur pour que je puisse poursuivre mes études. Par temps difficiles, j’ai cru pourtant devoir les abandonner lorsqu’une chance m’est arrivée : le centre de Thuy Xuan, actuel village SOS Hué, a accepté de m’accueillir. Pris en charge par le Centre, j’ai pu continuer mes études au Lycée « Quoc Hoc ». Je suis vraiment très reconnaissant envers l’Association AEVN  pour leur contribution importante à l’aide à l’enfance. Grâce à ses aides, j’ai pu continuer mes études.

La vie que j’ai vécue au Centre a été pour moi d’une grande signification. Le Centre a été réellement ma deuxième famille. J’avais une mère (Mère Bê) qui prenait soin de moi. Les autres mères, la direction, le personnel, tous nous entouraient de leur affection. Et c’était là où j’ai pu concrétiser mon rêve de réussite scolaire. Comme moi, plusieurs enfants du Centre avaient vécu des situations de famille difficiles et surtout comme moi, ils avaient la ferme volonté de s’investir dans les études afin de changer leur destin et pouvoir prendre en main leur avenir.
Quotidiennement, moi et mes frères, à tour de rôle, aidaient notre mère dans les tâches culinaires, ménagères ou dans le jardinage. Très souvent, nous partagions ensemble des moments d’échange chaleureux et nous nous entraidions dans nos études. Nous, les aînés, avons constitué pour tous une collection d’ouvrages pour servir de documents, l’internet étant encore limité.

Pendant plusieurs étés de suite, des amis de AEVN, venant de Centre Européen de Recherches Nucléaires (CERN à Genève), séjournaient des semaines avec nous pour «réparer» meubles, portes et rafraîchir la peinture de plusieurs maisons. Avec eux, nous avons appris à «bricoler». Isabelle Veyre, une volontaire de la DCC a été pendant plus de deux ans notre «sœur aînée» dans nos choix d’orientation, partageant nos joies et nos peines. Satya et Donald venus au Centre avec leur fils, nous ont offert deux ordinateurs, installé une salle de travail et nous ont initiés à leur utilisation pour nos études. Pour nos soirées gourmandes, Satya nous a offert un four «portable» pour faire la pâtisserie et initié nos mères à la pâtisserie française. Nous profitions du temps libre pour nous amuser ensemble. Pendant tout ce temps au Centre, j’ai beaucoup apprécié ces conditions de vie et d’étude. Ce fut une période où je me sentais vraiment joyeux et heureux.

Après mon baccalauréat, suivant les conseils du Professeur Trân Thanh Vân, je me suis inscrit en maîtrise d’excellence de Physique à l’Université des Sciences Naturelles, relevant de l’Université nationale de Hanoi. Quelle chance pour moi de pouvoir y faire mes études et ce grâce à l’aide financière des Rencontres du Vietnam et après, de la bourse de la Fondation Vallet qui m’ont permis de subvenir à mes besoins pendant les quatre années d’étude à Hanoi.

Après avoir été diplômé de l’Université des Sciences Naturelles, j’ai pu suivre des cours d’anglais pendant un an à Ho Chi Minh ville en vue d’obtenir une bourse d’études de 3ème cycle à l’étranger. Satya Calas, professeur agrégé en anglais m’a toujours aidé de main de maître, et cela de France même. En investissant les efforts et grâce à l’aide de AEVN, j’ai obtenu de la part du gouvernement japonais une bourse de doctorat. Durant mes études doctorales à Osaka, j’ai eu l’honneur d’être sélectionné par mon université pour participer à des congrès internationaux et en 2013 aux IXe Rencontres du Vietnam en Nano-physique organisées par le Professeur Trân Thanh Vân à Quy Nhon. J’y ai fait la connaissance des lauréats de Prix Nobel qui m’ont beaucoup encouragé dans mes études. Après la soutenance de ma thèse en nano-physique prévue en septembre 2016, je ferai un stage postdoctoral avant de rentrer au Vietnam. 

Grâce à l’aide importante de l’Association AEVN, celle des Rencontres du Viet Nam et à l’appui moral et financier du Professeur Odon Vallet, nous, les jeunes du Centre, chacun de notre côté, avons pu mener notre propre vie, avoir notre propre métier. Ne citons ici que quelques exemples : Anh Dao, professeur à l’Université de Hué, Kim Anh, médecin nutritionniste, Hieu, ingénieur, Lâm, enseignant, Phap, architecte, Lan Anh, cadre conseils en droit...
Le plus précieux cadeau que nous avons tous reçu est que, même après avoir quitté le Centre, nous continuons à recevoir très régulièrement les conseils des Parrains, Marraines et Amis de AEVN et de Mr et Mme Tran  Thanh Van comme s’ils étaient nos grand-parents. Notre famille s’agrandit…

Nous gardons toujours au fond de notre cœur la gratitude pour les aides et soutiens que nous avons reçus. Cette gratitude nous accompagne et nous incite à faire plus d’efforts afin d’aller plus loin sur le chemin de la réussite.

Actuellement, mes amis et moi, nous travaillons sur le développement d’un projet de collecte de fonds afin d’apporter l’aide aux enfants, studieux et pauvres, au Vietnam, de la même façon dont nous avons été aidés.

 

Phô

Phô (Traduction de Thao)

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